Sécurité psychologique : le droit à l'erreur rend-il plus performant ?

 

Il n’existe pas d’équipe ni de travail d’équipe quand la confiance en soi et dans les autres n’est pas instaurée. Pour assurer une totale performance individuelle ou collective, nous avons besoin de nous sentir en sécurité, ce qui signifie que si l’on fait une erreur, on ne sera pas pour autant sanctionné.

D’un autre côté, cette sécurité psychologique est un facteur de créativité, d’audace, d’opportunités.

Alors, quel est le lien véritable entre sécurité psychologique et performances ?

 

Comprendre nos processus cognitifs

Un réflexe de défense

 

L’évolution de notre environnement personnel et professionnel explique grandement pourquoi la sécurité psychologique est à la fois indispensable et fragile, surtout dans un milieu qui est incertain ou stressant.

Par réflexe, notre cerveau — plus précisément l’amygdale qui est notre signal d’alerte — déclenche une réponse de combat-fuite face à une situation de concurrence, de provocation ou de mépris. Il tente de nous protéger.

 

Or, ce schéma bloque toute mise en perspective et perturbe notre faculté de raisonnement analytique.

 

Concrètement, nous perdons nos moyens exactement au moment où il faudrait tous les regrouper et les optimiser.

 

Un levier de motivation

 

Cependant, on remarque également un autre effet.

 

En effet, quand on reçoit des émotions positives comme la curiosité, l’inspiration, mais aussi la confiance en soi et la confiance dans les autres, cela booste notre cerveau qui cherche alors à conserver cet été « euphorique ».

Cela l’oblige à puiser en nous et à développer des ressources à la fois psychologiques, physiques et sociales.

Soudain, notre comportement se transforme : nous devenons plus tolérants, plus persévérants, plus motivés, plus résilients, plus performants, car, il faut l’avouer, on se sent alors en sécurité.

Comment accroitre la sécurité psychologique au travail ?

 

Pour gagner en confiance et en performance, augmenter la sécurité psychologique de ses collaborateurs ou de ses équipes est levier primordial.

 

Voici quelques clés pour y parvenir.

 

Aborder un conflit en tant que collaborateur

 

Il est un fait que tous les humains ont en commun, c’est celui de détester perdre.

 

Ce sentiment s’avère même plus fort que celui d’aimer gagner. Car cette perte (de maitrise de soi) déclenche alors des essais de compensation, soit en se montrant plus compétitif, plus critique, ou désengagé.

 

Quand une situation conflictuelle se présente à vous, ne vous présentez pas comme un adversaire comme celui qui cherche une issue pour que l’issue soit gagnant-gagnant pour tout le monde.

 

Se parler en tant qu’être humain

 

Pour accroitre votre sécurité psychologique, il est important aux besoins universels qui nous gouvernent.

Quels sont-ils ? Le respect, le statut social, la compétence ou encore l’autonomie.

 

Reconnaître ces besoins essentiels développe de la confiance, favorise les discours et les attitudes positives et optimistes.

 

Anticiper les réactions

 

En montrant que vous avez déjà réfléchi à la question en suspens ou à l’éventuelle réaction de votre interlocuteur, cela vous assure d’être mieux entendu.

Ce que vous direz ne sera pas perçu comme une attaque personnelle, mais une réflexion complémentaire pour solutionner une situation fragile.

 

Se montrer curieux

 

Au lieu d’être constamment dans la critique, le jugement ou les reproches, pourquoi se montrer curieux ?

Les reproches intensifient les conflits, augmentent les comportements défensifs et accroissent le désengagement des uns et des autres.

Dès lors, la productivité n’est plus au rendez-vous et l’on perd en performance.

 

En vous montrant curieux, dans la peau d’un apprenant, vous êtes prêt pour un échange, vous invitez l’autre à chercher avec vous ce qui ne va pas pour avancer.